Carnet de route

Les Capelets : Inférieur & Supérieur 14km/1350mD+ (dimanche 12 avril 2026)

Le 12/04/2026 par Vincent HERITIER

A peine rentré de notre beau week-end de Pâques autour de Arvieux, qu’il est déjà temps de se projeter sur cette sortie, de retour dans notre Mercantour adoré après une pause de presque 1 mois. Et rien de mieux qu’une sortie en crête pour se rendre compte de l’état d’enneigement dans nos Alpes du Sud après cet interlude. Le printemps commence à s’installer, la neige remonte et les premières fleurs font leurs apparitions : coucous, crocus et surtout fleurs de mélèzes. Sans oublier le gazouillis des oiseaux dans les arbres. Nos encadrants nous proposent donc une sortie vers le Mont Capelet Inférieur (2419m) pour ce deuxième dimanche d’avril. Une sortie en comité restreint également avec seulement 4 participants et 2 cadres : Sébastien et Vincent. Est-ce l’effet vacances de Pâques ? ou la crainte de subir un rythme effréné de la part de nos leaders ? ou simplement l’envie de faire autre chose. Au départ de la balise 271, la piste forestière est étonnamment sèche : nos raquettes sont solidement fixées sur nos sacs et pour un long moment. Nous partons groupés et discutons tous ensemble sur cette piste et faisons une première courte pause pour enlever une épaisseur au niveau de la balise 263 et sa table de pique-nique où nous quittons la piste pour emprunter le sentier de petite randonnée balisé en jaune : cap à l’Est dans la très belle forêt de Terre Rouge et son mélézin dégarni. Une harde de chamois nous ouvre la route.

 

C’est une fois sur la Serre de Clapeiruole que nous sortons progressivement de la forêt et prenons les premiers signaux d’un changement de temps en cours : la température printanière cède la place à la fraîcheur avec un vent froid. Étant bien abrités, nous pouvons faire une pause pour nous revigorer. Les crêtes environnantes sont elles aussi bien dépourvues de neige, que ce soit celle de la Valette ou celle de Tuor plus au Sud. C’est une fois au-dessus des 2100m d’altitude que nous rencontrons les premières traces de neige au sol : une neige de printemps, sans regel nocturne. Nous nous méfions de potentiels trous en progressant comme sur des œufs. Nos encadrants opèrent un rapide regroupement à l’amorce des 300 derniers mètres de dénivelé avant de rejoindre le Capelet Inf. Décision est prise de poursuivre sans raquettes, en tenant au maximum les zones enherbées. L’option s’avère payante puisque nous parvenons au sommet du Capelet Inf sans chausser nos raquettes en environ 2h15 de marche. Le temps est plus frais, le sommet ventilé et des nuages d’altitude se forment au-dessus des plus hauts sommets du Mercantour, dans un ciel voilé. Nous sommes face aux deux seigneurs du Mercantour et la Grande Dame : Gélas, Clapier et la belle Malédie et leurs vassaux Grand Capelet et Bégo. Nos encadrants se concertent alors sur la suite du programme : un simple aller/retour par le même itinéraire, une boucle par le vallon de Gourrios ou pourquoi pas tenter l’ascension du Mont Capelet Supérieur (2637m) ? La face de ce dernier n’est pas engageante depuis notre point d’observation. La pente semble raide et plusieurs passages rocheux pourraient nous poser problème. Et le final semble se raidir encore plus… Pas très optimiste, Vincent se remet en marche en direction du Capelet Sup. Nous verrons bien en nous approchant.

 

Une fois au col, Vincent décide de déposer les raquettes au pied d’un rocher solitaire et d’enfiler nos crampons pour la suite en direction du Capelet car la neige est présente sur la crête. Tantôt nous nous enfonçons, tantôt nous restons en surface. Nous devons être très vigilants pour ne pas être déséquilibrés, mais rapidement, une longue portion pierreuse s’ensuit. Nous louvoyons entre quelques traces de neige et sentes rocailleuses pour nous rapprocher du Capelet. La pente est soutenue, l’effort intense mais les mètres qui nous séparent du Capelet Sup diminuent inexorablement. Il reste moins de 100mD+ à gravir quand une pente neigeuse nous fait face. Vincent part en tête tester la portance : prudemment, le groupe s’y engage et mètres après mètres nous avançons jusqu’à apercevoir le relais radio trônant au sommet à 2637m. Nous prenons le temps de faire une photo de groupe au sommet malgré le vent froid et des sommets qui se bâchent alternativement. Nous grignotons et décidons de commencer à redescendre pour trouver un meilleur emplacement pour pique-niquer et surtout pour franchir cette difficulté terminale. Une fois de retour sur les rochers, nos encadrants décident de nous faire ôter nos crampons : ils ne sont pas utiles dans les rochers et nous progresserons plus facilement sur le sentier été dépourvu de neige. Seules quelques langues de neige résistent, que nous dépassons avec prudence, en nous enfonçant largement jusqu’aux mollets. Des abris sous roche nous servent de lieux de pause, sans vent et avec une timide éclaircie.

 

De retour au col entre les deux Capelet, personne n’est venu nous dérober nos raquettes. Nous les chaussons et Sébastien et Vincent décident de basculer en direction du vallon de Gourrios pour faire la boucle. Le vallon qui nous fait face est bien blanc, mais quelques rochers affleurent ici ou là. L’enneigement n’est pas trop conséquent pour envisager cet itinéraire retour. Seuls les premiers mètres de la bascule sont raides. La suite, nous la passons entre glissades sur les fesses, jambes qui entrent dans un trou, le tout sans aucun problème et dans la bonne humeur, car chacun de nous six goûtera aux pièges de la neige de printemps. Il reste une dernière difficulté à descendre dans une forte pente pour déboucher au Lac de Saint-Grat. Vincent et Matthias observeront même chacun à tour de rôle une vipère filant se réfugier sous des rochers. Un ouf de soulagement nous accompagnent en arrivant au bord de la Gordolasque après cette belle boucle presque achevée, une boucle d’envergure, alpine et sauvage. Les deux derniers kilomètres nous permettent de dérouler, enfin, la foulée sur le joli PR en balcon. Et pour qu’une rando soit totalement réussie, nous la terminons aux Tilleuls à Lantosque pour un pot de l’amitié où nous revenons sur cette belle balade, une première réussie pour Patrick, adepte des grands espaces Québécois. Merci à nos deux encadrants du jour pour ce bel itinéraire et nous avoir permis de nous dépasser.

 






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