Carnet de route
Sur les crêtes dominants les lacs des Millefonts 14.5km/1150mD+ (dimanche 08/03/
Le 08/03/2026 par Vincent HERITIER
Après un dimanche off lors duquel nos encadrants se sont adonnés à d’autres activités nous sommes de nouveau sur le pont au rendez-vous de Saint-Martin-du-Var avec la perspective réjouissante de retrouver cette course qui à chaque fois nous émerveille : les lacs des Millefonts et la Tête des Margès (et plus si affinité). Nous stationnons nos véhicules au changement de versant, sous La Gara, après avoir dépassé quelques skieurs garés plus bas et nous nous équipons dans une relative douceur. Les raquettes à la main, les crampons dans le sac : tous nos équipements sont de sortie. Une fois le contrôle DVA effectué par Vincent, décision est prise de chausser les raquettes car la route est blanche. Nous formons également les 2 groupes. Vincent s’échappe devant accompagné par 5 autres guerriers. Denis mènera le groupe 2 composé de 9 participants avec Sébastien en serre-file.
Les choses sérieuses attaquent au Plan de la Gourra où la pente commence à se redresser sous nos raquettes. qui font crisser la neige durcie par le regel. De zig en zag nous rejoignons la route des Millefonts enneigée au niveau de la dernière épingle, route que nous suivrons jusqu'au parking d’été. Là, Vincent décide de faire une petite pause pour se réhydrater et prendre des forces avant la montée jusqu'au col de Veillos. La neige commence déjà à transformer sous les rayons du soleil. La forêt laisse progressivement la place à des paysages rocailleux adoucis par l’abondante couche de neige. Au moment où le groupe 1 repart, le groupe 2 fait son apparition. Une fois au col de Veillos, nous dominons ce magnifique cirque des Millefonts fermé d'un côté par le Pépoiri et par celle ligne de crête que nos encadrants font nous faire emprunter entre le col Ferrière et le col du Barn.
Vincent essaie de jouer au mieux avec les courbes de niveau et ainsi éviter de nous faire perdre trop d’altitude en direction du lac Petit que nous rejoindrons par ses flancs Est. Nous devions par endroit un peu de glace quand la neige s’amincit. 350mD+ nous sépare alors du col Ferrière, où nous rejoindrons ma crête tant attendue. Chacun trouve son rythme est progresse de concert avec en point de mire 2 skieurs et leur ami à 4 pattes. La vue sur les sommets frontaliers est magnifique du col : les premiers “Whoua” sont lâchés par nos jeunes qui découvrent la magie du Mercantour hivernal. Vincent donne alors la consigne de troquer les raquettes contre nos crampons. Il veille ensuite à ce que Enzo et Matthias fixent correctement leurs crampons. Là, Denis annonce à la radio son arrivée prochaine avec le groupe 2 au col Ferrière et demande à Vincent s'il tente la cime des Lauses en aller/retour. Vincent, soucieux de préserver ses troupes hésite un court instant quand Denis lui annonce que lui tentera. Il n’en fallait pas plus pour motiver Vincent qui ouvre la voie à son équipe du jour. La pente est raide mais la neige mord bien et nos crampons taillent de bonnes marches jusqu'au sommet à 2651m. La crête du Giraud est magnifique, cornichée.
Les deux groupes se croisent au col Ferrière, l'un partant en direction du Brec du col Ferrière, l'autre s’élançant à son tour vers la cime des Lauses. La crête est très joueuse et alterne les courtes montées et les courtes descentes. Chacun progresse à son rythme en essayant de digérer au mieux les portions les plus raides sans se mettre dans le rouge. A l’avant, Vincent veille à se tenir suffisament éloigné des corniches impressionnantes formées par le vent, mais aussi sur le reste du groupe afin de s’assurer qu’aucun problème ne survient. Dans leur dos, de rapides coups d’oeil permettent de juger de la progression du groupe 2 qui amorce la descente vers le col Ferrière où Denis décide de la pause repas. Le groupe 1 quant à lui picnique à l’abri du vent, sous la Tête des Margès (2550m), face au géant Pépoiri. De concert, les groupes repartent. Le groupe 1, ayant un peu d’avance, a la charge d’identifier un endroit pour la réalisation d’un exercice de manipulation de corde. L’endroit est tout trouvé : le verrou du lac Gros. En attendant que les 2 groupes se reforment, Vincent M part explorer les lacs alentour avec 2 équipiers.
Les 2 groupes réunis, l’exercice peut débuter. “Sortons dans un 1er temps le matériel de fond de sac” lance Denis, aussitôt suivi d’un blanc aussi profond que le silence du Mercantour hivernal. Certains semblent surpris de la nécessité d’avoir en fond de sac un anneau de sangle, un mousqueton ainsi qu’une cordelette. Denis, en bon pédagogue, insiste sur l'entraînement. Il est important que chacun d’entre nous sache utiliser son anneau de sangle pour confectionner un baudrier de fortune et sache positionner son anneau de corde sur une main courante. En effet, si la situation l’exige, nos encadrants peuvent poser une main courante pour descendre une pente délicate ou franchir un obstacle. Si nous sommes tous formés, cet obstacle sera franchi sans difficulté alors que pris de court, sans matériel, l’ensemble du groupe peut se retrouver en difficulté. Nous revoyons ainsi 2 manières simples de nous équiper de nos baudriers de fortune. Passons ensuite à la confection d’un corps mort avec un piolet et une raquette. Nous déployons ensuite la corde dans la pente que nous allons devoir descendre. Denis nous montre comment disposer notre cordelette sur la corde pour que celle-ci glisse d’avant en arrière et se bloque en cas de mouvement brusque. Nous prenons alors conscience de l’importance de disposer de tout notre matériel comme indiqué sur le descriptif de chaque sortie. Chacun à notre tour, nous nous prêtons au jeu et réalisons l’exercice dans la bonne humeur, bien aidé par ce doux soleil. Nous serons amenés à reproduire cet exercice, mais aussi à travailler notre manipulation de DVA dans les semaines à venir.
Il ne nous reste qu’à rejoindre le plan de La Gourra en traversant le magnifique cirque des lacs des Millefonts. Quelques nuages viennent donner une lumière irréelle aux sommets dominant le cirque glaciaire. La descente est rapide et efficace, bien emmenée par les 2 Vincent qui ouvrent la route dans ce joli décor de haute montagne. La neige s’est bien transformée depuis ce matin, mais nos raquettes nous portent vers le point de départ, à l’ombre, où l’humidité nous cueille. Nous nous changeons aux voitures et débriefons cette belle balade avec quelques gourmandises : nougats, cornes de gazelle de Farida, brownie et biscuits secs. De quoi nous redonner quelques forces et fêter l’anniversaire de Sébastien. Souhaitons lui bonne chance pour le stage “Spécialité Raquettes” dans le Champsaur. Espérons que nous exercices lui ai permis de l’aborder de la meilleure des manière. Nous garderons de bons souvenirs de cette sortie qui en appelle d’autres.








